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Pont des Trous

Intervention de Marie-Christine lefebvre lors du conseil du 27 juin 2016

Je commencerai ce soir, une fois n’est pas coutume (me direz-vous!) par nous auto-congratuler, nous les élus du peuple pour notre audace et notre clairvoyance en décidant à l’unanimité de mettre sur pied un processus participatif le 7 mars dernier. Permettez-moi aussi de remercier les citoyen(ne)s qui se sont impliqué(e)s à des degrés divers et ont contribué à sa réussite. Merci aussi aux membres du comité de pilotage pour leur persévérance et leur convivialité.

Et, un grand coup de chapeau à l’équipe d’animation qui a imaginé une méthode originale pour faire émerger les idées des participants et favoriser l’échange entre tous ainsi qu’au bureau Greisch , à l’agence ANMA et à l’architecte Olivier Bastin pour leur écoute, leur patience et leur professionnalisme.

Dès les premières réunions, certains participants invitent l’architecte à dessiner le projet « qui ferait l’unanimité » avec sa  baguette magique. Et ils s’empressent de lui rappeler dans quelles limites peut s’opérer la magie : un pont des trous en  pierre,  trois arches, de haute qualité architecturale, dans un cadre budgétaire strict. Mais il n’a pas répondu tout de suite à cet appel ! Les réunions se sont succédé : nous avons « tourné autour du pont » pendant quelques heures,  redessinant les rives du fleuve, les reliant entr’elles par une passerelle légère. Nous avons imaginé toute la vie qui bientôt s’y déploiera, lorsque les gradins descendront vers le fleuve.  Nous avons revisité les tours afin de leur donner un avenir, bien enraciné dans l’histoire de notre cité. Et puis l’idée des pontons sur l’Escaut a effleuré les participants, pour venir toucher ce fleuve qui nous est cher.

C’est en participant activement à toutes ces réunions que l’architecte Olivier Bastin,  le bureau Greisch et l’agence ANMA ont entendu  s’exprimer des points de vue tranchés  et  des points de convergence. L’auteur de projet a ramassé tous les petits messages déposés ici et là par les participants et c’est à ce moment-là seulement qu’il a pris sa baguette pour dessiner le futur du Pont et  ses abords et l’a fait découvrir au comité de pilotage.

Le comité de pilotage, pour rappel, avait pour mission d’accompagner l’auteur de projet, de le guider vers une proposition  qui ferait consensus auprès des élus et du peuple mais pas de faire un choix tranché et définitif. Il s’est naturellement dirigé vers une esquisse qui répondait aux exigences du cadre et a exprimé d’emblée des remarques pour améliorer celle-ci. C’est ce projet déjà affiné qui a été présenté le 7 juin aux citoyen(ne)s qui s’étaient déplacés à la crypte de l’hôtel de ville pour exprimer leur avis.

Aujourd’hui, la boucle est presque bouclée.  C’est à nous, élus communaux, qu’il appartient de confirmer au Ministre Prévôt la proposition des Tournaisiens(ne)s. C’est avec enthousiasme que notre groupe politique se rallie à la proposition du Collège : «d’adresser au Ministre Maxime PREVOT le choix final de l’esquisse pour la transformation du Pont des Trous et de l’aménagement de ses abords, retenue par le Comité de pilotage issu du processus participatif « Au tour du Pont » (mars-juin 2016) mis en place dans la foulée de la consultation populaire du 25 octobre 2015 ».

Tout en insistant sur le fait que le parcours n’est pas terminé : «Au tour du Pont», a mobilisé les citoyen(ne)s tournaisien(ne)s.  Nous souhaitons qu’il reste un projet mobilisateur.  C’est d’ailleurs le souhait exprimé par l’auteur de projet et par ceux et celles qui se sont déplacés le  7 juin : les citoyen(ne)s veulent restés informés de l’évolution du projet tandis que l’auteur de projet demande que les Tournaisien(nes) continuent à nourrir le projet.

Nous demandons  explicitement au Collège de mettre tout en œuvre pour qu’on puisse répondre à ces attentes.

Nouveau commissariat

Ce 28 juin, le conseil de police de la zone Tournai, Brunehaut, Antoing, Rumes a voté pour l’achat de l’ancien bâtiment ORES ou plutôt ce qu’il en reste  (propriété de la société WERELDHAVE) afin de le transformer pour y abriter le nouveau commissariat de police de Tournai : l’achat et la construction sur ce site sont estimés à 15 millions d’euros.

Dans la foulée, il est décidé d’acheter et transformer des bâtiments pour les commissariats périphériques pour une somme évaluée à 1 million d’euros.

Pourquoi ECOLO s’est abstenu ?  Une abstention n’est pas un NON et nous ne voulions pas d’emblée rejeter l’idée d’un nouveau commissariat.  C’est bien ce que notre vote signifie mais le montage financier et toutes les conséquencess pour la zone de police et pour les communes qui en font partie ne sont pas assez clairs à nos yeux. Un tel investissement ne peut être décidé sans avoir une vision claire du moyen et du long terme.

On parle d’une occupation du site « Becquerelle » par des services de la ville de Tournai, mais rien de précis.  Des travaux devront-ils être engagés sur ce site également pour accueillir ces services ?

La dotation des communes à la zone va augmenter, c’est certain, mais plusieurs hypothèses sont émises.

Rien n’est très précis non plus sur les conséquences en matière de dépenses de personnel de la zone : faudra-t-il contracter celles-ci dans les prochains exercices pour financer le projet ? Des subsides vont être demandés mais on nous dit que ce serait simplement une aubaine si ceux-ci nous étaient octroyés.

Avant de nous embarquer dans cette aventure, nous voulons avoir une vision beaucoup plus claire des conséquences financière de cet investissement .

Au Tour du quai …

L’intégralité du vote du conseil communal sur Notélé : cliquez ici

Voici l’intervention de Marie-Christine lors du conseil communal du 25 avril.

Lors du conseil communal du 7 mars dernier, j’ai insisté sur l’importance du choix posé ce soir  pour les Tournaisiens, car l’élargissement de l’Escaut va transformer notre ville et s’inscrit dans un projet plus large d’amélioration du visage du fleuve en ville.

Aujourd’hui, ce dossier a pris une tournure trop politique  que nous déplorons, nous nous trouvons tous  sur un échiquier où il faut conserver sa reine ou faire échec au roi. Les écologistes ne  sont pas des pions qu’on balade sur cet échiquier.

Lorsque nous avons proposé une consultation populaire, il y a tout juste un an, nous avons privilégié le débat ouvert en conseil et n’avions pris aucun contact avec d’autres partis avant le vote, ni appelé la presse avant le conseil. Il en est de même aujourd’hui : nous voulons redonner des couleurs au débat en conseil communal.

Il y a un an , l’essentiel, pour nous, était d’ouvrir une brèche dans la politique «politicienne» à la tournaisienne  sclérosée depuis trop longtemps en excluant  les citoyen(ne)s de toute prise de décision. C’est par l’ouverture de cette brèche que les citoyens ont pu s’emparer du dossier. Ils nous ont confirmé à plusieurs reprises qu’ils n’avaient pas pris conscience de l’enjeu de l’élargissement de l’Escaut, avant cette consultation.

Cette brèche  nous a permis  d’essayer différentes formes de politique participative. En ce sens, Le dossier de l’Escaut marquera l’histoire politique de notre ville.

Deux exemples de cette rupture avec l’ancienne culture :

En mars dernier,  un conseil communal unique en son genre a eu  lieu : les citoyens ont pu en direct, dans cette salle, ou calmement devant leur TV, assister à un vrai débat argumenté entre des partisans et des opposants du projet d’élargissement au quai St Brice. Pourquoi pas s’en inspirer dans des dossiers futurs ?

Le nouveau processus participatif, mis en place par la ville, pour définir  l’avenir du Pont des Trous et de ses abords a trouvé sa vitesse de croisière. Citoyen(ne)s,  associations, politiques, fonctionnaires, nous relevons, ensemble le défi un peu fou de déposer sur le bureau du Ministre Prévôt le projet des Tournaisiens le 30 juin prochain. ECOLO exprime un tout grand  merci à ceux et celles qui travaillent sans relâche  à la réussite de cette aventure.

Les écologistes sont convaincus  qu’une nouvelle ère politique s’ouvre à Tournai : nous ne devons faire aucune concession qui amènerait un retour vers d’anciennes pratiques. Les dossiers du plateau de la gare et de la rue Royale, de la ZAC Morel mais aussi les  aménagements dans les villages et les quartiers devront s’inspirer de cette nouvelle manière de gouverner.

Mais nous dénonçons à nouveau la manière dont la majorité  a géré le dossier de l’Escaut dans le passé. Comme le rappelle très bien l’émission communautaire, ce projet aurait dû être pris à bras le corps par la ville depuis 40 ans !  Mais les autorités communales ont préféré jouer sur l’émotion  et fermer les yeux sur les enjeux pour l’avenir.

En 2007, le Conseil communal décide, à l’unanimité,  de soutenir la mise  à gabarit  VA de l’Escaut par la Région wallonne.

Depuis lors, les seuls moments de débat public ont eu lieu, dans le cadre de l’étude d’incidence et de l’enquête publique. On se rend compte aujourd’hui que l’enquête publique, considérée par certains politiques comme la forme ultime de participation citoyenne, est plutôt  «un ersatz de démocratie» parce qu’elle arrive bien trop tard dans le parcours du dossier et ne mobilise que quelques personnes. Vous faites certainement ce constat comme nous mais nous vous avions prévenu à plusieurs reprises. Ce dossier devait se construire avec les Tournaisiens, en mettant en avant l’intelligence collective… La ville aurait pu développer un processus participatif depuis près de 10 ans  «Autour du fleuve» :

quel est le rôle économique du fleuve ?  Quel rôle jouent les quais dans la ville ?  Quel plan de mobilité autour du fleuve ?  Comment relier le fleuve à la ceinture verte de la ville ?  Toutes ces questions  sont aujourd’hui reprises en raccourci  dans le processus participatif «au tour du pont» parce que répondre à ces questions est indispensable pour que le projet soit cohérent. Mais vous ne l’avez pas fait pour le projet global d’aménagement du fleuve et nous nous trouvons dans une situation quasi inextricable: une cristallisation à outrance des positions, plus de possibilité d’écoute attentive des points de vue des uns et des autres, qu’ils soient techniciens, citoyens, politiques, riverains. Les gens un peu extérieurs au dossier n’y comprennent rien et ont une image encore plus négative des jeux politiques qui se trameraient, d’après eux, en coulisse. Quelle que soit la position défendue, quels que soient les éléments nouveaux qu’on peut apporter dans le débat, tout est interprété, tout est prétexte à manipulation, à un lobbying effréné des uns et des autres. Nous ne pouvons absolument plus décider dans une ambiance sereine.

Le conseil communal a toute compétence pour prendre la décision dans le  dossier d’alignement des quais. Nous voulons éviter de tomber dans le piège d’un jeu politique stérile et rester fidèles à nos principes : la démocratie représentative a tout son sens  et doit poursuivre son chemin aux côtés d’autres formes de démocratie participative.

C’est pourquoi, avant de voter aujourd’hui,  nous avons voulu comprendre tous les enjeux de ce dossier et analyser les arguments développés par les uns et les autres.

Nous avons échangé avec les ingénieurs du SPW.  Nous avons échangé avec des membres du cabinet du Ministre Henry  en charge du dossier du  transport fluvial. Nous avons échangé avec  des membres de la majorité communale, avec des membres du collectif «l’Escaut c’est vous», avec des riverains, …

Nous nous sommes ensuite repliés sous notre tente, entre militants tournaisiens et  picards pour nous rappeler ensemble les principes forts que nous voulons défendre et avoir  une position ce soir en cohérence avec ceux-ci.

Nous l’avons redit avec force : le développement durable exige un soutien au développement du transport fluvial pour diminuer le transport routier.

Les questions précises de ce dossier ont été abordées sans tabou :

Un quai rétréci à 5,80, est-ce  compatible avec une mobilité correcte et apaisée en ville ?

Un quai rétréci est-ce compatible dans le contexte urbanistique de notre ville ?Un fleuve élargi à moins de 27 m, est-ce un problème de sécurité important pour la navigation en ville ?

Un fleuve élargi à moins de 27 m, est-ce compatible avec la sécurité des riverains et des usagers des quais ?

Un fleuve élargi à moins de 27 m, est-ce compatible avec la tranquillité des riverains ?

Un fleuve élargi à moins de 27 m met-il en péril le projet wallon de mise à gabarit V A sur toutes les voies navigables et la relance du transport fluvial en Wallonie ?

Nous avons constaté que des questions cruciales restaient  sans réponse. La  majorité communale ne s’est pas emparée du dossier et n’a pas posé les bonnes questions à l’administration.

Nous sommes très sensibles à l’argument de sécurité avancé par les ingénieurs de l’administration wallonne : des bateaux chargés de produits dangereux traversent déjà notre ville et il y en aura certainement plus à l’avenir.

Mais nous déplorons que la ville n’ait pas demandé des simulations plus précises :   à 23,24 ou 25 m. Nous aurions pu  faire un choix éclairé ce soir : à telle largeur, c’est possible, à telle autre c’est limite et à telle autre cela devient très dangereux. Mais ces simulations n’ont pas été demandées à l’administration.

Le gouvernement wallon décidera donc, pour les Tournaisiens, la largeur optimale du fleuve  dans la ville.  Le Ministre Prévôt l’a rappelé : ce sont les ingénieurs du SPW… qui signeront les plans et leur position est sans appel : le fleuve doit être élargi à 27m pour des raisons de sécurité et de fluidité.

De même, une analyse plus approfondie du bruit occasionné par la navigation  n’a pas été réalisée : la ville devait le demander pour le confort  sonore des riverains.

Quant au Quai Taille Pierres, vous avez affirmé qu’on pouvait revoir le projet de halte nautique mais aujourd’hui, on nous demande de voter l’alignement du quai Tailles Pierres dans une totale incertitude sur ce qui y sera réalisé. Nous demandons que ce projet soit revu et qu’on injecte  les fonds économisés dans la construction d’une passerelle cyclo piétonne entre les quartiers St Jean et St Piat.

D’autres points nous préoccupent dans le dossier d’élargissement comme l’avenir des petits bateliers dans ce futur voué aux grands bateaux.  Plus précisément à Tournai, la situation du commerce pendant les travaux : il est urgent de mettre sur pied  un comité d’accompagnement permanent regroupant riverains, commerçants, politiques, fonctionnaires, qui suivra le dossier durant toute la durée des travaux.

Pour toutes ces raisons,

Nous voudrions dire OUI à l’élargissement de l’Escaut» mais nous regrettons très fort de devoir dire NON  aujourd’hui au  plan d’alignement. Vous avez créé cette situation impossible dans laquelle se trouvent tous les conseillers qui doivent décider aujourd’hui. C’est à la majorité, qui a géré seule ce dossier depuis le début, en tenant soigneusement l’opposition comme les citoyens à l’écart,  d’assumer pleinement les conséquences des choix des options qu’elle a prises et quelle prendra encore aujourd’hui.

 

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